Loire Vallée  Magazine 


Home




 

lv9

ydauge

L
oire état des lieux par le Sénateur Yves Dauge initiateur de l'inscription de la Loire au Patrimoine Mondial de l'UNESCO





LVmag
- C’est vous qui êtes l’initiateur de l’inscription de la Loire au Patrimoine Mondial de l’Unesco ?
Yves Dauge
Oui. On a créé le Parc Naturel Régional Loire Anjou Touraine car j’avais lancé cette idée au début des années 90. Nous avons travaillé cinq ans pour obtenir le label. Or, dans les années 90 j’étais conseiller de l’Unesco et à partir de 95 j’étais chargé par l’Unesco d’une mission exceptionnelle afin de sauver et protéger la ville de Luang Prabang qui a été élue au patrimoine mondial sous condition d’un partenariat avec une ville française. J’ai proposé la ville de Chinon et à partir de là j’ai monté une convention entre la France et l’Unesco qui a créé un fonds d’intervention pour aider à classer et gérer des sites. Baignant là-dedans, j’ai pensé qu’il était temps d’essayer d’inscrire la Loire au Patrimoine Mondial.  J’ai commencé à travailler sur ce sujet avec mon ami Jean Begaud qui était le co-président du parc, mais également avec le ministère de la culture et le ministère de l’environnement.
LV- C’était la première fois que l’Unesco classait un paysage ?
YD
Le concept de paysage culturel était tout à fait nouveau de même que l’idée de classer un grand fleuve. On s’est présentés au patrimoine mondial en 1999. On a eu quelques problèmes car il y avait un débat autour des centrales nucléaires.
LV- C’est compréhensible.
YD

Bon, on est repassés l’année d’après en modifiant le périmètre. Et puis ils nous demandaient aussi comment nous allions gérer un grand fleuve. C’est pour cela qu’on a monté «Mission Loire». Et on est revenus l’année d’après dans une grande réunion qui s’est tenue à Oakland, avec un dossier ajusté et nous avons été classés à l’unanimité en 2000. 
LV- Comment doit-on comprendre la gestion d’un tel site ?
YD

Une fois que vous avez un site inscrit tout le problème est de savoir comment vous allez le gérer. Si c’est une cathédrale c’est relativement facile. Mais si c’est un grand site comme le nôtre. Comment fait-on, notamment en ce qui concerne la question de l’urbanisme, des paysages, qui s’occupe de quoi ?...
LV - L’Etat français s’est engagé ?
YD

Oui, mais nous sommes en première ligne. C’est une alliance entre l’Etat et la Mission. Nous sommes en train d’élaborer un fonds de gestion très complet que nous allons présenter au comité du Patrimoine Mondial comme tous les autres sites en juillet 2011. Nous avons également créé une association nationale des sites français inscrits.
LV- D’après un sondage commandé par Mission Loire, il semble que la réalisation la plus importante pour le public soit l’achèvement de la Loire à Vélo ?
YD
Cela se fait petit à petit. Il reste encore des sections à faire mais dans l’ensemble ça avance bien. C’est un projet dont la Mission Loire a la responsabilité et les maîtrises d’ouvrages sont départementales. On détermine ensemble les endroits où la Loire à Vélo doit passer. Ensuite le financement se fait entre la Région et les départements.

LV- Beaucoup se plaignent de la dégradation des quais de Loire, souvent transformés en parking, mais aussi de l’omniprésence de panneaux publicitaires tout au long du fleuve ?
YD
On a plusieurs problèmes dont un, majeur, qui est l’urbanisme. Eviter la construction de lotissements, conserver le paysage culturel, éviter sa dégradation notamment  par un urbanisme qui aujourd’hui reste difficile à maîtriser. L’autre sujet c’est effectivement la restauration des ouvrages d’art le long de la Loire... et ils sont nombreux. Toute la publicité doit être contrôlée et nous devons également mettre en souterrain tous les réseaux électriques, éliminer tous les points noirs... Mais ceci doit se faire dans le cadre de la contractualisation entre les régions et les communes et avec la participation de l’Etat. Ce que nous avons demandé, c’est que dans ces contrats on identifie la géographie du patrimoine Mondial, qu’on cible les opérations et que l’on travaille sur le paysage. Soit pour le reconstituer lorsqu’il a été détruit, soit pour l’intégrer dans des opérations d’urbanisme absolument maîtrisées. On ne parle pas de contraintes mais de projets maîtrisés et cohérents sur un critère fondamental : celui sur lequel nous avons été classés et sur lequel nous serons jugés tôt ou tard par les expertises que lancera l’Unesco.
LV- Ces expertises sont-elles programmées ?
YD

Pour l’instant ils nous demandent de faire un gros effort sur la gestion et nous réalisons actuellement un Plan de gestion très détaillé qui va plus loin que le paysage mais englobe également notre capacité et surtout la qualité de notre hébergement touristique qui n’est pas brillant à part quelques exceptions. Il y a donc un énorme énorme effort à faire... le chantier est immense.



© Loire Vallée Magazine
Sitemap